Exemples de biographies
Exemples de biographies littéraires pour écrire votre propre récit
Lire des biographies déjà publiés est une excellente manière d’apprendre à structurer son propre récit de vie. Cette page propose des exemples commentés, à commencer par Marie Stuart de Stefan Zweig, afin de montrer concrètement comment une vie devient un récit.
Pourquoi s’inspirer de biographies publiées ?
Quand on écrit pour soi ou pour ses proches, on a parfois le sentiment de partir de zéro. Pourtant, les biographies et mémoires littéraires offrent des repères précieux :
Structure : comment organiser une vie en chapitres lisibles.
Angle : quelle question centrale oriente le récit ?
Voix : comment trouver un ton à la fois personnel et clair.
Rythme : alterner scènes, résumés, réflexions.
Exemple 1 : Marie Stuart de Stefan Zweig
1. En quoi ce livre ressemble-t-il à des mémoires ?
Marie Stuart est une biographie historique dans laquelle Stefan Zweig retrace la vie de la reine d’Écosse, de son enfance à sa mort. On y retrouve de nombreux éléments communs aux mémoires :
- un parcours de vie complet (enfance, crises, exil, fin) ;
- un personnage central confronté à des choix décisifs ;
- un regard qui mêle récit des faits et analyse intérieure.
2. Ce que l’on peut observer
Structure générale
- Des grandes parties chronologiques (jeunesse, règne, captivité…).
- Chaque partie se concentre sur quelques moments-clefs plutôt que sur tous les détails.
- Les transitions résument ce qui s’est passé entre deux scènes importantes.
Voix et angle
- Zweig adopte une voix de narrateur engagé : il commente, interprète, prend parfois position.
- L’angle est clair : montrer comment une femme prise dans les enjeux de pouvoir reste fidèle à une certaine idée d’elle-même.
- Tout le livre répond, en filigrane, à une question : qui était vraiment Marie Stuart ?
Scènes et réflexions
- Certaines pages fonctionnent comme de véritables scènes de roman (rencontres, confrontations, procès, exécution).
- D’autres passages sont plus réflexifs : l’auteur y analyse le caractère, les motifs, les conséquences d’un choix.
- Ce contraste permet de garder un rythme vivant tout en donnant de la profondeur.
3. Ce que vous pouvez en retenir pour vos mémoires
- Choisir un fil directeur (une question, un thème) plutôt que raconter “tout”.
- Structurer votre texte en grandes périodes de vie, chacune avec quelques scènes fortes.
- Alterner moments racontés (on est dans la scène) et moments réfléchis (vous prenez du recul).
- Assumer votre voix : ce que vous pensez, comprenez, ressentez en relisant votre parcours.
Fiche de lecture express
Comprendre le projet du livre
- Genre : biographie historique littéraire.
- Personnage central : une reine prise entre amour, pouvoir et foi.
- Point de vue : narrateur externe très proche de sa protagoniste.
- Fil conducteur : comment une femme devient légende, puis mythe politique.
- Effet recherché : susciter à la fois empathie et réflexion sur le destin.
– Quel est mon “fil directeur” ?
– Quel regard je porte aujourd’hui sur la personne que j’étais ?
Télécharger Marie Stuart de Stefan Zweig

Comment utiliser ces exemples pour votre récit de vie ?
- Lire avec un objectif : au lieu de tout surligner, concentrez-vous sur la structure, la voix, le rythme.
- Prendre des notes : relevez les passages qui vous touchent, les chapitres qui vous semblent particulièrement bien construits.
- Transposer : demandez-vous comment appliquer ces procédés à votre propre histoire, sans copier le style.
Vous pouvez créer un petit carnet “lectures et mémoires” où vous notez, pour chaque livre, ce que vous aimeriez garder ou, au contraire, éviter dans votre propre texte.
Titre du paragraphe
Il en est des passions comme des maladies, on ne peut ni les accuser ni les excuser, on ne peut que les décrire avec cet étonnement toujours renouvelé et mêlé d’un léger frisson que l’on ressent devant les forces élémentaires qui se déchaînent tantôt dans la nature, tantôt chez l’homme. Des passions d’un tel degré ne sont plus soumises à la volonté de l’individu qu’elles assaillent ; elles ne font plus partie de la sphère de sa vie consciente, mais elles éclatent pour ainsi dire en dehors de lui, par delà sa responsabilité. Vouloir juger un homme subjugué par la passion serait aussi absurde que de demander des comptes à un orage ou traduire en justice un volcan. Aussi ne peut-on guère rendre Marie Stuart responsable des actes insensés commis par elle pendant cette période de sujétion physique et morale : tous sont complètement étrangers à son genre de vie d’ordinaire normal et plutôt calme. Tous ont été accomplis dans l’enivrement, sans sa volonté et même contre sa volonté. Telle une somnambule, comme attirée par une force magnétique, elle se précipite vers le crime et la catastrophe, les yeux fermés et les oreilles bouchées. Aucun conseil ne peut la toucher, aucun appel l’arrêter ; ce n’est que lorsque le feu qui flambe en elle et la dévore se sera éteint qu’elle se réveillera, ravagée et usée. La vie de quiconque a passé par là est ruinée. Car une passion de ce genre ne se renouvelle pas chez un individu. De même qu’une explosion dans un arsenal détruit toutes les munitions qui y sont emmagasinées, de même une explosion sentimentale comme celle qu’a vécue Marie Stuart épuise à jamais tout amour. Chez elle l’extase ne dure pas plus de six mois. Mais durant ce court laps de temps le feu qui brûle son âme est d’une telle intensité qu’elle ne peut plus être dans la suite que l’ombre de cette ardente flamme. De même que des poètes comme Rimbaud ou des musiciens comme Mascagni s’épuisent complètement dans une œuvre géniale unique, il y a des femmes qui dépensent en une seule passion toute leur réserve d’amour au lieu de la répartir avec ménagement sur des années et des années ainsi que le font les natures bourgeoises et modérées. En un seul élan ces femmes, véritables génies de l’autodestruction, se jettent dans les profondeurs de la passion d’où il n’y a plus ni retour ni salut. De cette sorte d’amour, qui, parce qu’il ne craint ni danger ni mort, mérite d’être appelé héroïque, Marie Stuart restera un exemple parfait, elle qui n’éprouva dans sa vie qu’une passion, mais qui s’y abandonna jusqu’au bout, jusqu’à l’annihilation totale de son moi. Où se trouve dans les saintes écritures le passage qui autorise les peuples à destituer leur prince ? Dans quelle monarchie chrétienne y a-t-il un texte de loi suivant lequel les sujets peuvent toucher à la personne de leur souverain, le mettre en prison ou le traduire en justice ? Nous réprouvons autant que les lords l’assassinat de notre cousin le roi, et le mariage de notre sœur avec Bothwell nous a causé plus de déplaisir qu’à aucun d’eux. Mais nous ne saurions permettre ni tolérer les procédés ultérieurs des lords envers la reine d’Écosse. Puisque selon la volonté de Dieu ils sont les sujets et qu’elle est la souveraine, ils n’avaient pas le droit de la forcer à répondre à leurs accusations, car il n’est pas conforme aux lois de la nature que la tête soit aux ordres des pieds.Citations – Marie Stuart (Stefan Zweig)
“C’est toujours la passion qui dévoile à une femme son caractère, c’est toujours dans l’amour et dans la douleur qu’elle atteint sa véritable mesure.”
“Celui qui s’est donné à la politique ne s’appartient plus et doit obéir à d’autres lois qu’aux lois sacrées de sa nature.”
“Seules les natures faibles peuvent renoncer et oublier ; les natures fortes ne se résignent pas et provoquent même au combat le destin tout-puissant.”
“Et voici que la mort vient frapper une nouvelle fois à sa porte de son doigt osseux.”
“Toujours, les hommes qui prétendent combattre pour Dieu sont les plus insociables de la terre ; leurs oreilles restent sourdes à toute parole d’humanité.”
“Plutôt une fin épouvantable que l’épouvante sans fin !”
“Mais demander de la logique à une jeune femme amoureuse serait vouloir l’impossible. Toute vraie passion demeure inanalysable et irrationnelle.”
“Il apparaît une fois de plus que ce ne sont pas les événements extérieurs qui façonnent une destinée, mais les lois innées propres à l’individu.”
“Le propre de tout amour véritable est de ne pas compter ni lésiner ; l’amour signifie prodigalité et abnégation totale.”
“Le joueur que la chance a abandonné tirera toujours une mauvaise carte.”
Extrait – La passion
Extrait – Lettre d'Elisabeth
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Autres exemples à explorer
Cette page a vocation à s’enrichir d’autres références :
- mémoires autobiographiques contemporains ;
- récits de vie plus courts (témoignages, souvenirs d’enfance, carnets) ;
- textes où un proche raconte la vie d’un parent ou d’un grand-parent.
Chaque nouvel exemple sera présenté avec une fiche de lecture simple : angle, structure, ton, ce que vous pouvez en retenir concrètement.
Photo : Livre de poche
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